Nous avons profondément transformé nos villes.
Elles sont devenues plus vertes, plus inclusives, plus attentives à la qualité de vie de leurs habitants. On y parle mobilités douces, mixité des usages, tiers-lieux, sobriété énergétique, espaces partagés.
Pendant ce temps-là, l’entreprise, elle, continue souvent de fonctionner comme une zone industrielle des années 80 : intensité permanente, contrôle, pression, empilement de process, individualisation extrême… et une pause-café vécue comme un luxe.
Or, une réalité s’impose : on ne travaille plus simplement “dans” une entreprise. On y vit.
On y passe une part considérable de notre temps, de notre énergie, de notre charge mentale… et parfois même de nos meilleures idées (quand elles survivent aux réunions inutiles).
Alors une question dérangeante mérite d’être posée : pourquoi acceptons-nous que nos villes deviennent durables… mais pas nos entreprises ?
Quand le mal-être devient structurel
Les chiffres 2025 sont sans appel :
- près de 8 salariés sur 10 en Europe déclarent ressentir une fatigue mentale régulière liée à leur travail,
- 1 salarié sur 2 envisage un changement d’entreprise dans les deux ans, non pas pour le salaire uniquement, mais pour un meilleur cadre de travail et davantage de sens,
- l’engagement durable reste faible : autour de 15 à 20 % des salariés réellement engagés, malgré des discours RH de plus en plus séduisants.
Quand 85 % des salariés se disent peu ou pas engagés, ce n’est pas un manque de motivation individuelle.
C’est un problème de conception organisationnelle.
On ne soigne pas un urbanisme défaillant avec des plantes vertes.
On ne soigne pas une organisation usante avec une baby-foot et une newsletter “bien-être”.
Le Néo-urbanisme RH : penser l’entreprise comme un espace à habiter
C’est de ce constat qu’est né, dans ma tête, le concept de Néo-urbanisme RH.
Il propose de penser l’entreprise comme une ville : un espace à habiter, à traverser, à partager, à rendre vivable dans la durée.
Une ville durable ne se résume pas à une jolie façade.
Elle repose sur des infrastructures invisibles mais essentielles :
- un climat sain (relations, confiance, sécurité psychologique),
- des règles lisibles et équitables (et appliquées, ce qui est encore mieux),
- des espaces de coopération plutôt que de silos,
- une organisation fluide qui facilite le travail au lieu de le compliquer,
- un partage juste de la valeur, financière et symbolique.
Il en va exactement de même pour l’entreprise.










