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Canicule : votre DUERP est-il réellement à jour ? Partie 1

Le risque chaleur n'est plus une simple alerte météo. Depuis 2025, il est devenu un risque professionnel que chaque employeur doit anticiper.

🔥 Le chiffre qui interpelle

Plus de 5 700 décès ont été attribués à la chaleur en France durant l'été 2025, dont plus de 1 900 pendant les seuls épisodes de canicule.

Pendant longtemps, la chaleur a été perçue comme un risque essentiellement sanitaire.

Aujourd'hui, elle est aussi devenue un risque économique, organisationnel et juridique.

Pendant des années, nous avons regardé la météo

Aujourd'hui, nous devons regarder notre DUERP.

Chaque été ressemble un peu plus au précédent. Des records de température. Des nuits tropicales. Des épisodes de chaleur plus longs. Des salariés fatigués. Des entreprises qui improvisent. Longtemps, les fortes chaleurs ont été considérées comme un aléa climatique.

Un sujet de météo. Un sujet de confort. Parfois même un sujet de "bon sens".

Cette époque est terminée.

Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail reconnaît explicitement le risque lié aux épisodes de chaleur intense et impose aux employeurs de le prendre en compte dans leur démarche de prévention. Le risque chaleur doit désormais être évalué, intégré au DUERP et faire l'objet de mesures adaptées dès les niveaux de vigilance de Météo-France.

Autrement dit : le soleil est devenu… un risque professionnel.

Une révolution silencieuse

Cette évolution est probablement l'une des plus importantes de ces dernières années en matière de santé au travail.

Pourtant, elle est passée relativement inaperçue.

Pourquoi ? Parce qu'elle ne concerne pas uniquement les métiers "traditionnellement exposés".

Bien sûr, les entreprises du :

  • BTP ;
  • paysage ;
  • agriculture ;
  • logistique ;
  • collecte des déchets ;

sont directement concernées.

Mais la chaleur touche désormais également :

  • les bureaux mal isolés ;
  • les ateliers ;
  • les cuisines professionnelles ;
  • les entrepôts ;
  • les commerces ;
  • les établissements de santé ;
  • les écoles ;
  • les collectivités ;
  • et même les salariés en télétravail lorsque leurs conditions de travail sont fortement dégradées.

La question n'est donc plus : "Mon entreprise est-elle concernée ?" Mais : "Quels sont les postes les plus exposés dans mon entreprise ?"

Ce qui a réellement changé depuis 2025

Le décret du 27 mai 2025 marque une rupture importante.

Auparavant, les recommandations existaient déjà. Aujourd'hui, elles sont devenues des obligations réglementaires.

Dès qu'un épisode de chaleur intense est signalé par Météo-France (vigilance jaune, orange ou rouge), l'employeur doit adapter son organisation du travail et mettre en œuvre les mesures prévues dans son évaluation des risques.

Parmi ces mesures figurent notamment :

  • l'évaluation spécifique du risque chaleur ;
  • son intégration dans le DUERP ;
  • l'adaptation des horaires ;
  • l'augmentation des pauses ;
  • la mise à disposition d'eau fraîche en quantité suffisante ;
  • l'aménagement des postes de travail ;
  • la réévaluation quotidienne des risques lorsque la situation l'exige.

Il ne s'agit plus d'une bonne pratique. Il s'agit désormais d'une obligation.

Le regard Plume and Bees

Le véritable changement n'est pas réglementaire. Il est culturel.

Pendant des années, les entreprises ont construit leur prévention à partir des risques historiques : machines, chutes, manutention, incendie…

Désormais, elles doivent aussi intégrer des risques qui évoluent avec leur environnement.

Le changement climatique fait entrer de nouveaux risques dans l'entreprise.

Et cette liste continuera probablement de s'allonger dans les années à venir.

Le plus grand danger n'est pas celui que l'on croit

Quand on parle de chaleur, on imagine immédiatement :

  • le coup de chaleur ;
  • la déshydratation ;
  • le malaise.

Bien sûr, ces risques existent.

Mais ils ne sont que la partie visible de l'iceberg.

La chaleur agit aussi de manière plus insidieuse.

Elle provoque :

  • une baisse de la vigilance ;
  • une diminution de la concentration ;
  • une augmentation du temps de réaction ;
  • davantage d'erreurs ;
  • une fatigue cognitive importante.

Conséquence : Le risque d'accident augmente, y compris dans des métiers de bureau ou des activités qui semblent peu physiques. L'INRS rappelle que la chaleur altère les capacités cognitives et physiques et recommande d'intégrer ce risque dans la démarche globale de prévention.

Et si votre DUERP passait à côté d'une partie des risques ?

Prenons quelques exemples : 

🏢 Une assistante travaille dans un bureau orienté plein sud.

À partir de 15 heures… La température dépasse régulièrement 33 °C.

Elle ne manipule aucun produit dangereux. Ne travaille pas en hauteur. N'utilise aucune machine.

Pourtant…

Sa capacité de concentration chute. Les erreurs de saisie se multiplient. La fatigue augmente. Le risque psychosocial également.

Votre DUERP le prend-il en compte ?

🥵 Un technicien intervient dans une chaufferie.

La température ambiante atteint déjà 38 °C. Une vague de chaleur porte la température ressentie à plus de 45 °C.

Les procédures prévoyaient-elles cette situation ?

🚨Une équipe commerciale parcourt plusieurs centaines de kilomètres en voiture.

Les temps de conduite s'allongent. Les nuits sont moins réparatrices. Les rendez-vous s'enchaînent malgré des températures extrêmes.

Le risque routier évolue-t-il dans votre évaluation ?

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